Elégance, éco-responsabilité, possibilités de design infinies. La matière verre, utilisée en bijouterie depuis l’Antiquité, a tous les atouts pour plaire aussi bien aux éco-consommatrices qu’aux fashionistas parisiennes de la rue des Saints-Pères.

Le verre, une matière renouvelable utilisée depuis la nuit des âges

On ne saurait dire avec précision à quel endroit précis le verre est apparu en premier. Ce qui est certain, c’est que l’histoire de ce matériau remonte à la haute Antiquité : des perles de verre étaient déjà fabriquées sur les rives du Nil et de l’Euphrate au 2ème millénaire avant JC. Le soufflage apparait au 1er siècle avant JC, au Liban ou en Syrie.

Louvre, collier de Sennefer

Les artisans ont généré un grand engouement pour le verre pendant la période art nouveau, créant des modèles uniques en or émaillé de toute beauté.

Bijoux René Lalique

Le verre est un matériau issu de matières premières simples : du sable, de la soude, des oxydes métalliques pour la pigmentation. Il est recyclable à l’infini par procédé de fontes successives.

Le verre est une matière raffinée, utilisée des plus grandes marques de luxe jusqu’aux producteurs de fournitures de DIY haut de gamme

Signe incontestable d’authenticité et de raffinement, des marques de luxe françaises produisent des bijoux d’apparat en verre. C’est le cas de Lalique ou Baccarat.

En haute-couture, vous pourrez trouver des éléments en verre dans les collections vintage de Chanel et Christian Lacroix.

Des marques présentes en centre commercial, comme Pandora et son concurrent Trollbeads, ont exploité la filière des perles de verre pour leurs bracelets à charms collectionnables. Fait amusant, Pandora utilise exclusivement du verre de Murano pour fabriquer ses perles, mais ces dernières sont fabriquées – au moins pour partie – dans des ateliers chinois.

Quelques artisans, répartis autour du globe, ont une petite production à leur échelle locale. Des artistes, encore trop méconnus, réalisent de véritables œuvres d’art miniatures. Lisez à ce sujet mon précédent article sur l’univers confidentiel des perles artistiques.

perle artistique Astrid Riedel

Le secteur du DIY (do it yourself) n’est pas en reste. Les japonais de la marque Miyuki fariquent des perles de rocaille haut de gamme, utilisées principalement pour les bracelets et boucles d’oreilles tissés. Ces minuscules perles offrent une gamme de couleurs très étendue et sont beaucoup plus régulières en taille que leurs concurrentes tchèque, héritières de l’industrie du verre de bohême.

Les petits pas de la mode vers plus de durabilité

Je crois que l’industrie de la mode, une des plus polluantes au monde, bouge peu à peu. Les clientes plébiscitent les marques qui savent allier élégance et éco-responsabilité. Comme Sézane et Balzac pour les plus connues, ou d’autres étoiles montantes comme Parisienne et alors, fondée par Laury Thilleman, ou Forever Mood,  toute jeune marque fondée par Delphine et Sarah, deux passionnées de mode et de durabilité.

On a vu récemment fleurir sur instagram une campagne avec le hashtag #whomademyclothes, relayé par de nombreuses bloggeuses mode. Les instagrammeuses à la fois modeuses et préoccupées du bien-être de la planète sont de plus en plus présentes sur la toile. Je vous invite d’ailleurs à suivre les comptes et blog de :

Louise : @aliaslouiseblog sur instagram, blog Alias Louise. Cette ostéopathe lilloise s’est donnée pour mission – et elle la remplit très bien – de prouver que durabilité peut être synonyme de mode;

Alice : @aliceplusgreen sur instagram ;

Adelana : @mlleadelana, bloggeuse éthique et slowfashion.

blog de mode responsable Alias Louise

Je vous partage ces liens, n’hésitez pas à les partager en retour. La mode éthique ne doit pas rester un univers confidentiel réservé à une poignée d’initiés !

L’éthique dans le bijou, une démarche avant tout personnelle au créateur

Toutes ces initatives montrent un intérêt direct croissant, à tout niveau, pour les problématiques d’éthique, de durabilité et d’écoconception. Le domaine de la bijouterie est un peu moins sous les projecteurs sur ces sujets, et pourtant il y aurait beaucoup à faire. L’or recyclé est à la mode, mais les contours de la démarche sont pour l’instant assez flous Il existe déjà un label sur l’or « fairmined » ; malheureusement les quantités sont très faibles et je n’y aurai pas accès cette année pour mes placages à l’or fin. Mon partenaire fairmined espère pouvoir m’en faire bénéficier l’an prochain. Croisons les doigts !

Le problème de la traçabilité s’avère aussi complexe lorsqu’il s’agit des pierres. A mon sens, seuls les lapidaires et gemmologues expérimentés qui se déplacent personnellement dans les mines savent réellement de quoi il retourne en termes de conditions de travail et de respect de l’environnement. C’est pourquoi j’émets des réserves lorsque je vois toutes les marques qui se lancent sur le créneau très tendance des vertus de la lithothérapie. Leurs pierres sont-elles tracées ? Que savent-elles des conditions de travail des mineurs ? Du potentiel travail d’enfants ? Des activités qu’elles financent – je pense ici par exemple aux diamants de conflit ? Quelques labels existent pour les pierres mais je ne m’y attarderai pas ici, ce sujet n’étant pas ma spécialité.

En France, les consommatrices sont protégées par les normes Reach, qui ont le mérite d’interdire l’utilisation de nickel et de plomb. Au final, je pense sincèrement qu’il est très difficile de voir complètement clair dans le domaine de la bijouterie si l’on ne se donne pas la peine de mener une réflexion poussée jusqu’au bout de la chaîne. La durabilité de votre bijou sera garantie par ce que votre créatrice voudra y apporter. Pour bien choisir votre bijou, vérifiez toujours les engagements de la marque qui se trouvent généralement dans la page « à propos ». Si rien n’est dit à ce sujet, c’est en général mauvais signe.

prototype bracelet en verre
prototype de bracelet en verre Christel Bussière

La matière verre se conjuguera au présent pour les bijoux Christel Bussière

Nous nous apercevons au final qu’un matériau vieux comme Hérode, sans cesse renouvelé dans ses champs d’expression, se retrouve propulsé au summum de l’avant-garde. Si les qualités artistiques sont les premières à m’être apparues, ses propriétés éthiques et environnementales ont contribué à me convaincre que j’avais fait le choix du bon matériau. Je peux assumer avec fierté travailler un matériau fabriqué à partir de matériaux non synthétiques et qui ne financent pas de conflits. Avec le lancement prochain de la collection de bijoux oniriques haute-fantaisie Christel Bussière, soyez les premières à adopter la nouvelle tendance en verre, abordable et écoresponsable.